De l’open data au service de la donnée publique

La pandémie de Covid-19 a donné à l’open data l’occasion de démontrer toute son utilité. Basée sur les données partagées par Santé Publique France, l’application CovidTracker a mis très vite à la disposition des citoyens une information fiable, pratique, et d’autant plus digne de confiance qu’elle leur semblait officielle sans l’être tout à fait. Saluée jusqu’au plus haut niveau de l’État, cette initiative devrait faire date dans le développement de l’open data en France. Plus qu’une obligation, inscrite dans la loi depuis 2016, l’ouverture des données publiques apparaît désormais comme une opportunité évidente pour créer de nouveaux services en prise directe avec les attentes de la population. Ces « services publics augmentés », comme les appelle le gouvernement, constituent un axe prometteur d’innovation qui vient s’ajouter aux innombrables possibilités offertes par la donnée au secteur public.

Cependant, pour que CovidTracker ne soit pas une réussite sans lendemain, les acteurs publics doivent lever les freins qui brident encore l’essor de l’open data. La mission Bothorel en a relevé essentiellement trois.

  1. En premier lieu, il pointe l’attitude malheureusement fréquente qui consiste à s’abriter derrière des considérations de sécurité et de conformité pour éviter d’agir.
  2. Le deuxième frein réside dans la façon brouillonne avec laquelle les données sont souvent mises à disposition. Incomplètes, périmées, parsemées d’erreurs, elles sont alors de trop mauvaises qualités pour être exploitables.
  3. Enfin, troisièmement, les données souffrent généralement d’un déficit d’explication, de documentation et de mise en contexte. Elles sont servies brutes, sans être accompagnées d’aucune facilité qui permettrait à un tiers de les comprendre et de les utiliser à bon escient.

Pour que la donnée ouverte devienne le levier d’innovation espéré, les acteurs publics ne doivent donc pas se contenter de mettre en place des passerelles techniques. Il leur faut créer autour des données tout un environnement qui favorise leur exploitation. Pour porter tous ses fruits, l’open data ne doit pas être un simple principe technique, mais devenir un véritable service public de la donnée. De nombreuses organisations publiques ont déjà opéré un tel basculement dans la façon dont elles gèrent et valorisent leurs données en interne, par exemple lorsqu’elles mettent en place un référentiel Citoyen 360 dans le but d’améliorer l’expérience des usagers et de leur proposer des services plus personnalisés. Pour faire en sorte que la donnée ne soit pas seulement accessible mais exploitable, il faut à présent faire la même chose en ayant à l’esprit ses potentiels utilisateurs externes.

Ceci nécessite la mise place de trois ingrédients :

  • une gouvernance avec des rôles clairement définis, depuis le CDO (Chief Data Officer), qui impulse et coordonne le programme, jusqu’aux propriétaires métiers des données et aux data engineers qui les maintiennent ;
  • des processus de gestion et de contrôle qui garantissent que la donnée est fiable, conforme et à jour, et qu’elle peut être diffusée en toute sécurité ;
  • un outillage qui facilite les opérations de recensement, de correction, d’enrichissement et de publication des données, et qui, surtout, permet de passer à l’échelle en éliminant les tâches les plus fastidieuses.

Pour en savoir plus sur les outils et les bonnes pratiques qui permettent d’accélérer la mise en œuvre d’initiatives open data dans les organisations publiques, téléchargez notre livre blanc ou consultez la page Informatica dédiée au secteur public.