La data gouvernance, une urgence opérationnelle au service de la création de valeur

Moins médiatisée que l’intelligence artificielle, la gouvernance des données passe souvent au second plan des stratégies data. Elle est perçue comme un sujet de back office, structurant, utile mais sans bénéfices immédiats, et qui peut donc attendre des jours meilleurs. Or, c’est tout l’inverse : la gouvernance de données est un levier direct d’efficacité opérationnelle et de création de valeur, ce qui, dans le contexte actuel, devrait en faire une priorité.

Depuis le début de la pandémie, nous avons échangé avec plus d’un millier de CDO sur les conséquences de cette période de bouleversements et d’incertitudes extrêmes. En sont ressortis trois faits majeurs : premièrement, une accélération vers le digital, avec la nécessité de gagner en agilité ; deuxièmement, une demande forte de tous les acteurs de l’entreprise pour plus d’informations ; troisièmement, le rôle essentiel des données pour faire face à la crise et préparer le redémarrage de l’activité. Pour les CDO, cela signifie la production de toujours plus de rapports opérationnels et d’indicateurs en temps réels, la mise à disposition de données plus complètes et plus riches, des cycles de collecte et d’analyse plus courts, et la nécessité d’adapter les dispositifs de sécurité aux nouveaux modes de travail collaboratifs et à distance.

Le paradoxe est que c’est précisément au moment où les entreprises éprouvent le besoin de mieux utiliser et diffuser leur capital de données qu’il devient de plus en plus difficile de le faire. Plusieurs raisons y concourent : l’explosion des volumes ; l’éparpillement, le cloisonnement, l’hétérogénéité et la mauvaise qualité des données ; la multiplication des acteurs (propriétaires, producteurs ou utilisateurs des données) et, pour beaucoup d’entre eux, un déficit de culture et de compétences ; et enfin, la multiplication des exigences réglementaires. À cela, il faut ajouter le contexte technique en pleine mutation, avec la bascule d’un grand nombre de données vers le cloud. Bref, pour les entreprises et leurs CDO, le nombre d’inconnues de l’équation data devient vertigineux.

Le résultat ne se fait pas attendre. Selon un sondage réalisé par IDC pour Informatica, les entreprises utilisent aujourd’hui moins d’une donnée collectée sur deux. Quant aux data scientists, ils passent un temps considérable à chercher celles qui les intéressent. Pour le groupe BSH (regroupant les marques Bosch et Siemens entre autres) cela pouvait représenter jusqu’à 70 % de leur temps sur un cas d’usage. À défaut de se saisir d’urgence de ce problème d’efficacité opérationnelle autour de la data, les entreprises risquent tout simplement de ne plus pouvoir faire face. La complexité va finir par les paralyser, leur faire manquer des opportunités, voire les exposer à prendre de mauvaises décisions ou de manquer à leurs obligations règlementaires.

Pour démocratiser les données, et les utiliser plus et mieux, la priorité absolue est d’y mettre de l’ordre. Tel est l’objet de la gouvernance des données : établir les fondations sans lesquelles les métiers ne pourront pas accéder aisément à une donnée fiable et de qualité. Les bénéfices de la gouvernance de données ne sont donc ni lointains, ni facultatifs, mais immédiats et nécessaires : accroître la capacité opérationnelle de l’organisation face à la profusion des données ; renforcer sa capacité d’analyse et d’exploitation pour en valoriser le potentiel ; tirer pleinement parti du digital à la fois comme source et comme vecteur d’utilisation des données ; et enfin, garantir durablement la conformité réglementaire.

La gouvernance des données passe par des règles, des processus, des outils, des rôles et des responsabilités sur tout le cycle de vie des données. Selon Ivan Smets, Sales Leader Enterprise chez Snowflake, la mise en place de ce cadre pose trois défis : un défi méthodologique, car il n’existe pas d’approche standard ; un défi opérationnel, car ce sont au final des tâches quotidienne qu’il faut répartir ; et un défi technologique, car les volumes rendent impossible une gouvernance manuelle et exigent un outillage adéquat pour appliquer les règles en masse.

Bien que la gouvernance des données ait vocation à couvrir toute l’entreprise, ces trois défis peuvent être abordés de façon agile, en commençant par un domaine restreint, ce qui permet d’obtenir très vite les premiers bénéfices opérationnels avant d’étendre le périmètre. C’est la méthode qu’a retenue BSH, qui élargit en parallèle sa communauté data et l’usage de son catalogue de données au sein des métiers. La réussite de cette approche agile et progressive nécessite toutefois quelques ingrédients clés : un sponsor de haut niveau pour porter ce qui constitue un projet d’entreprise ; une collaboration étroite et précoce de l’IT et des métiers ; des indicateurs de succès fondés sur la création de valeur ; et des technologies cloud, capables d’être mises en œuvre rapidement, puis de passer à l’échelle. La gouvernance des données a souvent été considérée comme une option ; à l’ère de la data, elle se révèle être au cœur du moteur.

Vous souhaitez en savoir plus ? Assistez au replay du Forum Informatica sur la Gouvernance de données, avec les interventions de Snowflake, Deloitte et le témoignage client du groupe BSH (Bosch – Siemens)