Le CDO aux défis de la maturité

Bien que d’apparition récente, la fonction de Chief Data Officer (CDO) a évolué beaucoup, et très vite, au point d’être désormais un rouage incontournable des organisations. La crise sanitaire n’a fait que renforcer ce statut car la donnée est apparue plus que jamais nécessaire, à la fois comme outil de pilotage et d’optimisation dans un environnement incertain, et comme matériau de base de l’innovation digitale. Désormais, le CDO n’est plus une fonction support, essentiellement dévouée à prêcher la bonne parole de la data, mais un business partner, qui aide l’entreprise et ses métiers à se réinventer autour de la donnée. La mission du CDO est d’emmener son entreprise vers un modèle data-driven.

Une série d’ateliers organisée en 2020, en partenariat avec l’Electronic Business Group (EBG) et Micropole, ainsi qu’une conférence de restitution en janvier 2021, a permis de faire le point avec plusieurs CDO français sur cette évolution de leur fonction vers un rôle de « chef d’orchestre » pour reprendre le titre du livre blanc qui synthétise ces travaux. Ces échanges particulièrement riches ont fait émerger trois grands défis qui attendent les CDO parvenus à maturité.

  1. Une place à consolider

Responsable d’un actif manipulé par tous et utilisé dans chaque processus et chaque projet, le CDO est au carrefour de l’entreprise. Mais cette centralité ne se reflète pas toujours dans les organisations, où sa place est extrêmement variable, certains devant encore se contenter d’un strapontin au sein de la DSI quand d’autres bénéficient déjà d’un siège au comex. Pour mener son action, le CDO doit donc continuer à asseoir sa légitimité tout en trouvant les moyens de rayonner depuis sa position. Pour cela, il a besoin d’alliés : la direction générale pour construire la vision et diffuser la culture data ; l’IT pour moderniser le paysage applicatif, structurer le corpus de données et déployer les outils ; le juridique et la sécurité pour les volets risques et conformité ; les RH pour développer les compétences… Enfin, les métiers sont pour lui des interlocuteurs naturels puisqu’ils sont à la fois les principaux producteurs et les principaux utilisateurs de la donnée. Pour les embarquer, le CDO doit s’affirmer de plus en plus comme une force de proposition, prouver dans les faits l’intérêt de partager les données, et démontrer sa plus-value comme facilitateur de projets transverses. Pour 54 % des CDO ayant participé aux ateliers, travailler conjointement sur un cas d’usage est d’ailleurs le meilleur moyen de faire interagir IT et métiers autour de la data.

  1. Des relais à développer

Manquant en général de ressources propres, le CDO doit aussi s’attacher à mettre en place des relais sur le terrain pour faire circuler l’information. 60 % des CDO ayant participé aux ateliers considèrent par exemple que la création de communautés est le moyen le plus efficace pour acculturer l’organisation à la data. De l’échange de bonnes pratiques de communication au développement de cas d’usage inter-métiers, la mise en œuvre, l’animation et les prérogatives de ces communautés sont en revanche très variées selon la maturité des entreprises. Les CDO s’accordent également sur l’importance de désigner des champions (qui sont, pour 50 % d’entre eux, le meilleur moyen d’animer la gouvernance des données), mais, là encore, les modalités concrètes font débat. Faut-il un seul champion ou plusieurs ? Où doit-il se situer dans l’organisation ? Quel doit être son rôle et son niveau d’expertise ? Ces interrogations montrent à la fois le chemin accompli par les CDO – de grands principes se dégagent – et celui qu’il leur reste à parcourir – les meilleures pratiques n’ont pas encore été identifiées.

  1. S’inscrire dans la durée

Alors qu’ils ont souvent bâti leur organisation de zéro en faisant appel à leur réseau personnel et aux convertis de la première heure, les CDO se trouvent désormais, comme tous les programmes ou départements de l’entreprise, confrontés à l’épreuve du temps. Comment maintenir l’engagement et les compétences dans la durée en dépit du turnover ? La question se pose à tous les niveaux, de l’acculturation des nouveaux arrivants au remplacement de tel ou tel maillon clé de la gouvernance. Avec l’aide des RH, le CDO doit notamment formaliser des rôles et des processus jusqu’alors empiriques et informels. Enfin, dernière rançon de la maturité, le CDO doit de plus en plus rendre compte de son action et pouvoir en démontrer les progrès, ce qui signifie introduire des indicateurs de mesure, comme un NPS sur les actions de formation ou un Maturity Assessment de l’organisation sur la donnée. Pour aider les organisations à évaluer la valeur potentielle de la mise en place d’une solution de gouvernance intelligente des données, Informatica a d’ailleurs mis en place l’approche Business Value Assessment (BVA).

Si vous souhaitez rencontrer vos pairs CDO, découvrir les dernières tendances, des retours d’expérience de clients et de CDOs, et partager un moment convivial, assistez au Forum virtuel CDO Data Strategy le 14 Avril prochain, à l’occasion de l’Informatica World 2021 et réservez votre place (places limitées).