La donnée, un bien à distribuer généreusement

Lorsque nous évoquons la donnée en relation avec la transformation digitale, on la désigne souvent comme sa « matière première » ou son « carburant » sans qu’on prenne toujours conscience de ce que cela signifie réellement pour l’entreprise.

Une bonne analogie pour mesurer l’importance de la donnée aujourd’hui, et du soin avec laquelle la traiter, est de l’envisager comme de l’argent. Tout comme l’argent, en effet, la donnée est à la fois un moyen – pour innover, bâtir, se développer – et un bien – qui s’échange, se négocie, se valorise ou se déprécie. La donnée est immatérielle, convoitée, et celui qui la possède est en position de force par rapport à celui qui en est démuni.

La donnée est immatérielle, convoitée, et celui qui la possède est en position de force par rapport à celui qui en est démuni.

Pour faire face à son environnement en perpétuelle mutation, l’entreprise digitale doit être inventive, agile, réactive. Les cycles de décision doivent être raccourcis, l’expérimentation encouragée. En un mot, les collaborateurs doivent gagner en autonomie et, pour cela, disposer de tout ce qui leur est nécessaire pour agir et innover. À commencer par les données.

Il est donc indispensable de démocratiser l’accès aux données, de ne plus les réserver à quelques experts et managers triés sur le volet mais de les ouvrir au plus grand nombre. Mais l’analogie avec l’argent conserve tout son sens : s’il faut accorder la donnée avec prodigalité, il faut aussi s’entourer des précautions nécessaires pour s’assurer qu’il en sera fait bon usage. Ce que l’on souhaite, c’est que chacun, à son niveau, fasse fructifier le petit capital qu’on lui confie, et non qu’il le dilapide, le jette par les fenêtres ou le traite avec négligence.

Agir à 3 niveaux pour distribuer la donnée généreusement mais pas inconsidérément à ses collaborateurs :

Une Gouvernance moderne des données

Tout d’abord, mettre en place une gouvernance efficace de la donnée, c’est-à-dire non seulement les grands principes qui encadreront son utilisation tout au long de son cycle de vie mais aussi les outils qui permettront de les mettre en œuvre et de s’assurer qu’ils seront respectés. C’est notamment ce que permettent les solutions de Diaku, dont Informatica a récemment fait l’acquisition

Ouvrir l’accès aux données : l’exemple du Data Lake

Une fois ce cadre posé, le deuxième aspect fondamental est naturellement la mise à disposition concrète des données. Ainsi que mes équipes marketing le constatent elles-mêmes chaque jour – et avec profit –, un Data Lake est aujourd’hui la solution privilégiée pour cela.

Un des grands intérêts du Data Lake est qu’il libère l’innovation en ne préjugeant pas de l’usage qui sera fait des données, comme un Data Warehouse, mais que l’on peut néanmoins ajuster les accès et les usages aux rôles de chacun. Un des risques de la démocratisation des données, en effet, est de noyer les utilisateurs les moins aguerris dans un océan d’informations qu’ils ne seront pas en mesure de comprendre ou d’exploiter.

Les grandes quantités de données comme d’argent nécessitent expérience et savoir-faire pour être utilisées à bon escient, et les fonctionnalités d’un Data Lake permettent de modérer l’ouverture des données et d’accompagner une montée en compétences graduelle.

Préserver la Sécurité des données

Ouvrir les données au plus grand nombre signifie souvent abattre des silos qui constituaient des remparts importants dans le dispositif de sécurité. Privées de cette enceinte obsolète mais malgré tout efficace, les données deviennent vulnérables à davantage de risques de malveillance, de maladresse ou de négligence.

La solution n’est pas de créer de nouveaux périmètres, plus larges donc plus exposés, mais d’envisager la sécurité au niveau de la donnée elle-même. En s’appuyant sur des solutions d’autorisations, d’anonymisation et de chiffrement, cette approche permet de concilier les exigences toujours croissantes de sécurité et de conformité avec la nécessaire fluidité de l’information.

 

Avant même les questions techniques, chacun de ces trois niveaux constitue un changement de philosophie majeur vis-à-vis de la donnée. Sa gouvernance, sa diffusion et sa sécurisation forment une architecture de précaution et de confiance dont la clé de voûte demeure la prise de conscience par l’entreprise d’un fait capital de l’ère digitale : désormais, pour accomplir leur mission, les collaborateurs ont autant besoin de données que d’argent !

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