Légitimité du DSI dans la transformation numérique ? L’oeuf ou la poule ?

Numérique et DSI, comment légitimer les acteurs de la transformation ?

La transformation numérique impacte tous les secteurs, toutes les couches des organisations, internes et externes, les clients, utilisateurs, tous les publics, les supports et les contenus, les données au méga-données (Big Data), les réseaux (IP et sociaux). En quasi temps réel, la convergence numérique crée de nouveaux paradigmes, allant du produit à la dimension « servicielle », de l’usage à l’expérience, mettant l’utilisateur au centre, redéfinissant les équilibres, favorisant la désintermédiation, créant plus de complexité en amont (simplifiée pour l’aval), et faisant naitre de nombreuses incertitudes.

Ces changements prennent plusieurs formes et impactent les organisations :

  • La personnalisation met l’utilisateur au cœur de ce nouvel éco système redessiné, le rendant aussi contributeur des solutions qu’il utilise.
  • Les relations linéaires et hiérarchiques deviennent circulaires, en constellation.
  • L’organisation doit créer les conditions d’émergence, d’innovation et d’efficacité en tirant parti des données, multiples et variées, simples ou complexes, internes ou externes, privées ou publiques (Open Data). Pour s’appuyer sur les technologies, les compétences et une expertise 360 degrés collaboratives révèlent des métiers nouveaux ou réhabilités.

La DSI pilotée par le DSI pourrait être l’acteur, le révélateur, l’animateur, à tour de rôle leader et support de cette transformation numérique, suivant les contextes, la maturité, et les projets, voire l’état d’avancement de ceux-ci.

Lors d’un évènement Européen dédié au e-leadership organisé par le Cigref à l’Unesco (Nov 2014), il nous a été rappelé que le e-leader doit  posséder des compétences particulières, et surtout une légitimité sur laquelle repose aussi la reconnaissance de ses pairs. C’est ainsi que pourra s’installer la confiance nécessaire.

Dans ce contexte de transformation 360 degrés, il faut s’interroger sur la dimension et le périmètre de « pairs ». En ces temps où le « I » de « Information » (CIO) est parfois remplacé par « Innovation », voire par de « D » de « Digital » ou « Data » (CDO), où les métiers (CMO) se disputent le management de ces nouvelles opportunités, qui sont les « pairs » du DSI (CIO) ?

La confiance, reconnaissance et légitimité ne doivent-elles pas émaner de tout l’éco système, interne et externe, de l’ensemble des métiers ?

Se pose donc la question de la visibilité des DSI, en interne mais aussi à l’extérieur des organisations, dans des clubs experts choisis, couvrant tous les métiers qu’il doit accompagner, supporter, parfois diriger. Pour les DSI qui décident de se sourcer à l’extérieur, ils se confinent trop souvent aux seuls réseaux historiques de DSI ! Pas ou peu présents dans les réseaux Marketing, Data, Digital, d’Intelligence Economique, de Business, ils n’appréhendent pas facilement les codes qui leurs seraient utiles dans leurs organisations en pleine mutation, ne leur permettant donc pas de devenir l’initiateur ou le moteur de ces changements, alors que leurs expertises 360 degrés devraient leurs en donner toute la légitimité.

Dans cette recherche d’exemplarité le DSI n’échappe malheureusement pas à l’image du « cordonnier mal chaussé ». Au-delà de la forme et des équipements, combien de DSI participent activement aux échangent utilisant des moyens numériques comme Tweeter lors des évènements auxquels ils assistent ? Moins de 5% interagissent ainsi…. !

Cette faible contribution ne reflète aucunement leur réel engagement collaboratif dont tous se revendiquent, légitimement, pour transformer les organisations, les rendant toujours plus efficaces et innovantes dans ce nouveau paradigme hybride, complexe, sécurisé et pourtant toujours plus collaboratif. Créer les conditions d’émergences, favoriser l’expérimentation et les nouveaux usages, créer de nouveaux champs de valeur, donner du sens, dans le respect des données personnelles (loi I&L).

Le DSI doit donc revisiter l’image qu’il renvoie, auprès de qui, en reconsidérant le contour de ses périmètres et de fait des pairs qui sont désormais les siens. Sa légitimité étendue lui impose une exemplarité dans les domaines qu’il convoite naturellement et légitimement.

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